Chapitre 16:
[Moi...]
Je ne dormis pas de la nuit.
Son visage envahissait mon esprit.
Je l'aime, je l'aime, je l'aime , ... je l'Aime.
Je creve d'amour, tellement que je pourrais en exploser.
J'avais envie de sauter, de détruire, de crier, de hurler, de courir jusqu'à en tomber d'épuisement. Tout cet amour enfoui au plus profond de moi, je sentais l'irrepressible besoin de le ressortir. De l'exterioriser. Pour pouvoir mieux l'aimer.
L'aimer, mais en paix.
Je n'essayais pas d'écrire, j'étais trop embrouillée.
Je pensais à lui, je le voyais lui, je le voulais.
Tout cet amour, ce besoin. Malgré toute mon obstination, mon si long combat pour me prouver le réel amour a son égard, le doute m'envahit.
Je l'aimais tellement, j'avais tellement besoin de lui, que je me mit à penser au pire : Que je l'aime de tout mon coeur, tout mon corps, toute mon ame, pour rien.
Mon excitation, ma certitude tourna en desespoir, et je m'endormis, au milieu de la nuit, calmée, la mort dans l'âme.
[Bill...]
Je suis à la fenetre.
Il est 14h maintenant, elle n'est pas venue ce matin.
Elle viendra.
Je veut qu'elle vienne.
Accroché à mon cou, un coeur de pierre noir, sur une chaine d'argent, se souleve au fur et à mesure que je respire. Je le saisit, il est lisse et froid, et son contact me calme quelque peu.
Je tente de me remémorer tout les evenements passés, le pétale, la rose, le dessin, le poeme, la rencontre, le mot d'excuse, ce collier, et enfin, un échec de rencontre.
Je ne comprends plus mes sentiments, je ne les maitrise pas, je ne sais pas ce qu'il se passe.
J'ai envie de la voir. De sentir encore une fois son parfum, de pouvoir passer ma mains dans ses cheveux ...
Amoureux ?
Ce mot s'impose à mon esprit, mais je le repousse aussitôt, je ne lui ai meme pas encore parlé ...
Mais ces textes ... ses textes ... ces doigts, ces yeux ... ces yeux !
[Moi...]
Je me suis reveillée de bonne humeur ce matin.
L'un de ces matins où l'on se regarde dans le miroir et ou l'on sourit, ou l'on se trouve jolie.
L'un de ces matins où l'on pourrait courir pendant des heures en chantant, le sourire aux lèvres, sans etre jamais fatiguée.
L'un de ces matins où tout est possible, un matin où l'on est heureux.
Annamaria allait mieux, quand elle me vit toute heureuse, elle le fut aussi. Je lui demandais, sans aucun doute dans ma voix, j'avais décidé qu'elle pouvait connaitre une partie de mystere:
- Puis-je aller déposer une pétale de rose aujourd'hui ?
Elle sourit, me regarda malicieusement. Je lui rendit ce regard, aussi significatif que possible. Ses yeux brillerent, et elle accepta.
- Je vais voir quelqu'un !
Au regard qui s'en suivit, je devinait qu'elle le savait deja. Elle me sourit, et me pria de manger et de vite partir.
[Bill...]
J'ai demandé à maman d'avoir la journée de libre, de ne rien me demander, juste une journée, cette journée.
J'étais de plus en plus malheureux, mes pensées me torturaient l'esprit, je voulais la voir...
Mes yeux etaient perdus dans le vide du parc faisant face à notre maison.
|Moi...]
Je trottinais dans la ville.
J'étais de plus en plus heureuse, j'allais le voir, lui parler, je ferais tout pour.
Peut etre que je serais décue, peut etre que je souffirais, peut etre.
Mais si je ne faisais rien, je souffrirais aussi.
Je chassais toutes ces pensées, oubliais toutes mes contraintes, sourit, et continua à avancer, dans la chaleur de l'été.
J'arrivais au parc faisant face à la maison.
J'étais heureuse, tout mon trop plein d'amour de la veille m'avais quitté.
J'arrivais au milieu de la pelouse, je n'irais pas jusqu'au trottoir.
Je m'assied dans l'herbe et regarda dans le vide, en face de moi, à ma gauche, la maison n'étais pas si loin. Je ne savais pas quoi faire, mais j'étais bien.
Je m'allongeai sur la pelouse, les bras quelque peu séparés du corps, je regardait les nuages, le ciel, je revais.
[Bill...]
Elle arriva. Mon coeur battit tres vite soudainement. Douloureusement.
Elle ne vint pas jusqu'au trottoir. Elle s'arreta au milieu de la pelouse, et se coucha sur le sol.
Poussé par une pulsion irrépressible, je sors dehors, dévoré par le désir de la voir. J'hésite un instant, puis m'avance au pas de course vers son corps allongé au milieu du parc.
J'arrive à une dizaine de metres d'elle, elle m'a entendu, mais elle ne bouge pas. Sur son visage flotte un sourire doux, un sourire de pleinitude. Son parfum m'envahit. Et son calme aussi, je me sens apaisé quelque peu, je m'approche un petit peu plus ...
[Moi...]
J'entendit des pas se diriger vers moi. C'était lui, mon coeur me le disait. Mais mon corps ne bougea pas, quelques heures auparavant, dans la nuit, j'aurais fondu en larmes. Mais à présent je me sentais calme, comme si chaque petit souci m'avait quitté.
Les pas s'arreterent.
Puis quelques secondes plus tard il recommencerent, tres lents.
Un parfum envahit l'atmosphère. Et une présence aussi.
Je sentis un corps hésiter, puis finalement, se coucher à mes cotés.
Je gardais les yeux fermés, et continua de rever un instant.
Puis j'ouvris les yeux et tourna la tete vers le corps qui se tenait à mon coté.
Je tombais sur un visage qui me regardait. Je souris, il me rendit mon sourire.
[Bill...]
Elle respira profondément à mon approche, mais garda la yeux fermés, pas une ombre ne traversa son visage.
Ses cheveux s'éparpillaient autour de ses épaules. Son gilet ouvert laissait paraitre une chemise noire qui soulignait sa taille fine et désirable.
J'hésitai un instant puis m'allongea à son coté, ma main était à quelque centimètres de la sienne.
Je tournai la tete et la regardai. Ce visage apaisé m'emplit le coeur.
Elle ouvrit les yeux, et tourna la tete vers moi. Nos regards se rencontrèrent. Elle me sourit.
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J'espere que cette longue attente vous fera apprécier ce chapitre. Dont l'humeur est quelque peu allégée, j'espere avoir calmé vos ames ...